Michel Mayor : Président d’honneur de la Société Astronomique de Genève


Le 17 avril 2015, notre assemblée générale annuelle a tenu ses assises exceptionnellement au Musée d’Histoire des Sciences de Genève. Le choix du lieu tient au caractère inédit de notre assemblée :

  • la présence de Michel Mayor, connu pour avoir découvert avec Didier Quéloz la première exoplanète en 1995
  • une révision statutaire afin de créer la présidence d’honneur
  • l’élection de Michel Mayor en tant que président d’honneur de la Société Astronomique de Genève
  • les liens de grande qualité entre le Musée d’Histoire des Sciences et notre société

La partie administrative a très été rapidement parcourue afin de pouvoir partager un moment de grande convivialité dont quelques photographies se trouvent ci-dessous.

Voici les principaux votes de l’assemblée générale :

  • approbation du PV 2014: approuvé à l’unanimité
  • acceptation des comptes 2014: approuvé à l’unanimité
  • acceptation des rapports et décharge au comité: approuvé à l’unanimité
  • élection du président: élu à l’unanimité
  • élection du comité: élu à l’unanimité
  • choix de maintenir la cotisation inchangée pour 2016: approuvé à une large majorité
  • modification des statuts: approuvé à l’unanimité
  • élection de Michel Mayor, président d’honneur: élu à l’unanimité

A toutes et à tous, une très belle année 2015 sous les étoiles !

Eric Achkar
Président de la Société Astronomique de Genève

L’éclipse totale vue d’avion


Un membre de notre société a filmé l’éclipse totale du 20 mars d’un avion. Voici la vidéo

Pour plus de détails, voici le récit de l’événement complet accompagné de photographies. Cette observation est aussi mentionnée dans Ciel et Espace.

Voici les prochaines éclipses partielles de soleil visibles en Suisse:

2015: l’année internationale de la lumière


Bonjour à tous,

Notre société a connu une belle année 2014 : contacts renforcés avec la presse, apparition sur les réseaux sociaux, de nombreux événements astronomiques :

  • nuit de la science à Genève,
  • nuit des étoiles à Fort l’Ecluse,
  • Féérie d’une nuit au Signal de Bougy,
  • soirées au Musée d’Histoire des Sciences de la ville de Genève,
  • un voyage d’observation astronomique en Vallée de Joux,
  • des soirées d’observations programmées dans le cadre de nos activités régulières.

Sur un autre plan, le groupement de clubs d’astronomie constitué fin 2013 autour de 5 sociétés astronomiques s’est agrandit en accueillant un sixième partenaire: l’Association d’Astronomie de la Vallée de Joux. Le groupement compte aujourd’hui presque 400 membres au total et 2 observatoires.

Durant l’année 2014, la Société Astronomique de Genève a accueilli plus de 30 nouveaux membres. Elle compte aujourd’hui plus de 140 membres. De nouvelles demandes d’inscription nous parviennent régulièrement démontrant l’attrait croissant du public pour la découverte de l’Univers ainsi que les activités proposées par notre société.

2015 est l’année internationale de la lumière. Cette lumière est la messagère de l’Univers qui nous permet de contempler les astres lointains. Pour le premier trimestre 2015, la Société Astronomique de Genève propose d’un programme très complet pour ses membres de tout niveau (du débutant au confirmé) : observations, conférences et formation à l’astronomie.

Notre société propose également deux événements par trimestre ouverts au grand public. Les prochains rendez-vous auront lieu au Musée d’Histoire des Sciences:

  • le 28 janvier 2015: une soirée de conférences suivi d’une observation
  • le 20 mars 2015: une observation de l’éclipse partielle de soleil en matinée.

Plus loin dans l’année d’autres événéments marquants sont en cours préparation et seront communiqués lorsque les dates auront été arrêtées.

Si vous souhaitez rejoindre la Société Astronomique de Genève, vous trouverez toutes les informations à ce lien.

En ce début de 2015, notre société vous souhaite une bonne et heureuse année de découverte sous les étoiles.

Eric Achkar
Président de la Société Astronomique de Genève

Le projet : Cloud Watch

Ciel nuageux
J’ai souvent entendu les plaintes d’astronomes disant qu’à Genève il y a peu de soirs de ciel clair dans l’année pour l’observation du ciel.

À cet égard, un article dans le magazine « Popular Astronomy » de juillet-août 2012 a retenu mon attention. L’article décrivait un projet pour mesurer par l’observation :
– combien de nuits sont claires là où on habite ;
– combien de nuits sont claires en général à travers le pays ;
– comment les mois et les saisons de l’année varient entre eux et d’année en année.

Je me suis dit : voici une façon de compter les nuits propices à l’observation !

Mode d’emploi
Il suffit de regarder le ciel une ou deux fois par nuit et pendant autant de nuits que possible.

  • Si le ciel est clair, on marque avec la lettre A (A = bon pour l’Astronomie).  Il faut pouvoir voir soit la forme en W de la constellation de Cassiopée, la Grande Ourse ou les trois étoiles de la ceinture d’Orion.
  • Si le ciel est partiellement clair (il y a des nuages ou brume mais aussi des parties claires), on marque avec un P.
  • Si le ciel est couvert, on marque avec un O (O = Overcast en anglais).

Pour le calcul par mois, on additionne les nuits A et les nuits P.  Je présente mes  mesures prises en 2013 sous forme de pourcentages dans un tableau Excel, mais il y a différentes façons de montrer les résultats.

Projet proposé par la Société Astronomique de Genève ouvert à tous
C’est un exercice qui montre les changements dans les nuages. Si on combinait ces informations avec des informations prises depuis d’autres endroits dans le pays, on aurait une échelle beaucoup plus large.

Mon point d’observation consiste en un petit carré entre des immeubles du centre-ville, près de la Gare Cornavin et orienté au Nord-Nord Est. Je vois la Grande Ourse, la Polaire, et Cassiopée entre autres.

Ce serait intéressant de pouvoir comparer les résultats depuis d’autres régions du Canton ou même de la Suisse.  Cette année a été particulièrement mauvaise, je dirais !

Qui veut adhérer au projet ? Vous pouvez y participer en envoyant un email à notre société en cliquant ici.

Margaret Byskov
Membre du comité de la Société Astronomique de Genève

 

Du danger des lasers verts bon marché

Introduction

J’aimerais vous mettre en garde contre les lasers verts à très bas prix. Ils sont le plus souvent dangereux car ils ne sont équipés d’aucun filtre infra-rouge. Quelle importance direz-vous ?

Le fonctionnement d’un laser vert

Il faut savoir que tous les lasers verts actuellement sur le marché ne génèrent pas ce rayonnement de manière directe, mais utilisent à la base une diode laser à 808 nm (donc infrarouge), cette longueur d’onde étant ensuite convertie par un cristal en 1064 nm (toujours de l’infrarouge). Ce n’est qu’à la dernière étape qu’un cristal doubleur de fréquence permet de transformer une (très) petite partie de la lumière infrarouge de 1064 nm en lumière verte à 532 nm. Comme le rendement de cette conversion est faible, la plus grande partie de l’infrarouge n’est pas convertie et est émise par le pointeur laser, sauf si ce dernier est équipé d’un filtre qui bloque la quasi totalité de ce rayonnement, d’autant plus dangereux qu’il est invisible !

Le problème

Malheureusement, seuls les pointeurs d’un certain prix (de l’ordre de grandeur de 50 USD) disposent d’un filtre éliminant presque complètement l’infra-rouge résiduel; les autres émettent généralement une quantité d’infrarouge qui est carrément un multiple de leur puissance dans le vert !

On trouve cet avertissement à divers endroits sur internet, par exemple ici :
http://www.technologyreview.com/view/420214/the-danger-of-green-laser-pointers/
(en anglais).

Le matériel utilisé pour les tests

L’expérience a été réalisée avec deux lasers verts vendus en tant que pointeurs de 5 mW : un « no name » chinois à 5 USD (en bas sur l’image ci-dessous), de toute évidence sans aucun filtrage IR, et un Wicked Lasers Core, correctement filtré, valant quelque 50 USD. Les images ont été prises avec un APN Sony DSC-F828 qui a l’immense avantage d’avoir une fonction Nightshot dans laquelle le filtre anti-IR est retiré mécaniquement du circuit optique. On obtient dès lors une sensibilité correspondant à celle du capteur CCD, soit jusque vers 1200 nm. J’ai de plus deux filtres externes qui permettent de ne laisser passer que l’infrarouge, avec une longueur d’onde de coupure de 720 nm pour l’un et de 950 nm pour l’autre, ce qui est parfait pour ce genre de tests.

Voici une image des deux filtres IR et des deux lasers :

lasers_verts_et_filtres_ir

L’expérience réalisée

Voici maintenant la preuve en images de l’énorme différence qui existe entre un laser filtré et un qui ne l’est pas. L’expérience a consisté à éclairer une feuille blanche à une distance d’environ 30 cm avec les deux lasers simultanément et à photographier les deux points lumineux avec un filtrage au niveau de l’appareil photo le rendant sensible à différentes longueurs d’onde.

Voici les quatre images prises (le laser avec filtrage est toujours à gauche; celui sans filtrage à droite) :

1. Dans le visible, donc avec seulement le rayonnement vert à 532 nm (l’IR étant bloqué par le filtre anti-IR de l’APN) :
Lasers verts dans le visible

2. Avec la fonction Nightshot, mais sans filtrage externe, donc en étant sensible aux trois longueurs d’onde présentes: 532 nm; 808 nm et 1064 nm :
test_lasers_verts_visible_et_ir

3. Avec la fonction Nightshot + le filtre IR de 720 nm: il ne reste que les composantes IR à 808 nm et 1064 nm :
test_lasers_verts_filtre_720nm

4. Avec la fonction Nightshot + le filtre IR de 950 nm: il ne reste plus que l’IR à 1064 nm :
test_lasers_verts_filtre_950nm

Conclusion

Les images sont édifiantes et ne donnent qu’une envie à qui tient à préserver ses yeux et ceux des personnes assistant à ses démonstrations: mettre le modèle sans filtrage dans la poubelle la plus proche !

Robert Chalmas

Succès croissant des rencontres du ciel et de l’espace (01-04 novembre 2012, Paris)

Depuis 1998, les Rencontres du Ciel et de l’Espace s’imposent comme le rendez-vous incontournable des passionnés et des curieux du ciel. Avec 2000 visiteurs par jour, elles sont indubitablement le plus important point de rendez-vous de la communauté astronomique  professionnelle et amateur en France et pays voisins. Un événement d’une rare intensité qui propose plus de 100 conférences, table-rondes, forums ou ateliers pour satisfaire la curiosité d’un large public, avec la plus grande galerie marchande consacrée à l’astronomie.
Cette année encore, le choix des conférences et forums était difficile et bien souvent il fallait renoncer à un exposé ou une conférence sur un sujet très intéressant mais qui coincidait avec une autre présention.

 Pour ma part, excepté quelques conférences, j’ai privilégié les présentations dans les petites salles sur des sujets pratiques tels que la photo, choix de matériel, observation d’objets divers (étoiles variables, météores, soleil …)

La présentation de la nouvelle version 6 de l’Atlas Virtuel de la Lune par notre ami Sagiste Patrick Chevalley et son collègue Christian Legrand était particulièrement intéressante. Créé il y a 10 ans par Patrick et C.Legrand, ce programme gratuit d’étude et d’observation de la Lune a déjà été téléchargé plus de 700 000 fois dans le monde entier et est disponible dans de très nombreuses langues. Pour marquer le 10eme anniversaire de l’AVL, cette version spéciale « PRO » 6.0 est dédiée à la mémoire de Neil Armstrong ( 1930 -2012). Elle comprend de nombreuses améliorations dont un nouveau centre de commande AVL, des ombres dynamiques au Terminateur améliorées, une nouvelle base de données de 52000 cratères anonymes, un nouveau module WEBLUN (c) sur les sites web lunaires et autres sujets que vous découvrirez bientôt en téléchargeant cette nouvelle version ou en vous procurant le CD.

Comme toujours, le matériel exposé par les fabricants  et distributeurs ( MEDAS pour Celestron, Unterlinden pour Skywatcher et Takahashi et Meade…) occupait la plus grande surface des halls. (A noter que depuis la disparition de Galileo, Unterlinden à Colmar vend beaucoup de materiel à des clients en Suisse, ce qui permet de bénéficier du remboursement de la TVA française de 19,6 % moins 8% de TVA suisse). Parmi les télescopes et lunettes, les Dobson de grand diamètre étaient très présents sur tous les principaux stands.

En résumé, 2 – 3 jours de conférences, exposés passionnants et visite des stands de matériel. Mais il n’est pas toujours facile de résister à la tentation d’un nouveau télescope, lunette ou oculaire. (eh oui, j’ai craqué pour nouvelle monture GOTO !)     Eric Maystre

Les Dobson de grand diamètres étaient présents sur de nombreux stands

Patrick Chevalley et Christian Legrand présentent leur nouvelle version 6.0 de l’Atlas Virtuel de la Lune.

Observation des aurores boréales

En 2013, notre Soleil devrait attendre un pic d’activité. Cette période de forte activité devrait être propice à l’observation d’aurores boréales.

Contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, il n’est pas nécessaire de voyager dans les pays nordiques pour voir des aurores boréales. Bien sur, le phénomène est beaucoup plus fréquent et intense dans ces contrées, mais lorsque les conditions sont favorables, ce magnifique spectacle descend jusqu’à nos latitudes, voir plus bas encore!

Explication du phénomène physique

Lors d’une éruption solaire, une énorme quantité de particules chargées électriquement sont éjectées dans l’espace. Lorsque l’éruption à lieu dans la direction de la Terre, ces particules nous atteignent en quelques jours.

Heureusement pour nous, la Terre possède un champ magnétique qui dévie ces particules les empêchant de nous atteindre directement.

Mais quand des conditions bien spécifiques sont réunies (densité et vitesse du flux et orientation du champ magnétique), une partie de ces particules entre par les pôles dans notre atmosphère. En interagissant avec les atomes de l’atmosphère, une ionisation de ceux-ci à lieu et ils émettent de la lumière.

Cette lumière vue d’en bas ressemble à des rideaux de lumière (généralement vert ou rouge) qui dansent dans le ciel.

Prévision des aurores

Les aurores suivent toujours un forte éruption solaire. Il faut également que plusieurs conditions soient réunies (densité et vitesse du flux de particules et orientation du champ magnétique). Vous trouverez sur le site suivant de nombreux graphiques qui vous permettrons de connaître la nature d’une éruption.

Astro club 85 : Activité solaire

Il existe également des mailing-lists et des forums concernant la prévision des aurores. Un petit tour sur Google vous donnera une multitude de liens intéressants. A la fin de cet article, vous trouverez également des raccourcis qui vous permettrons de prévoir vos observations.

Observation

Pour bien profiter du spectacle, il faut trouver un lieu d’observation ou le nord est bien dégagé car les aurores peuvent être basses sur l’horizon. Et comme pour toute observation astronomique, il faut éviter toutes les sources de pollution lumineuse.

Pas loin de chez nous (Genève), un bon point d’observation est le parking du col de la Faucille. Le dôme lumineux de Genève se trouve au sud et est caché par la forêt.

Photographie

Si vous avez la chance de voir un tel phénomène, surtout n’oubliez pas votre appareil photo! Un simple trépied et un objectif grand angle suffiront amplement (pas besoin de suivi).

A titre d’exemple, les deux photographies suivantes ont été prises en novembre 2003 au col de la Faucille.

Aurore boréale au col de la Faucille par Pascal Brunet

Aurore boréale au col de la Faucille par Sylvain Chapeland

Liens utiles

 

Astronomie dans le Larzac

 

Gîte Stellarzac

J’ai eu la chance de passer une semaine dans le sud de la France avec un Dobson de 1 mètre à portée de main et je souhaite partager mon expérience.

J’ai découvert le gite de Frédéric Gea par hasard. En fait, j’étais à la recherche d’un télescope plus gros que mon 25 cm actuel mais chaque fois que j’investis dans un nouvel instrument, très rapidement je commence à rêver: « si seulement j’en avais un plus gros », « si seulement ce n’était pas si compliqué de trouver un ciel sombre » et le résultat est que tous mes télescopes finissent soit à la cave, soit chez ma belle-mère en Crète.

Un jour, j’ai pu faire un choix très différent: acheter un nouveau télescope avec toutes ces contraintes, ou disposer, pendant une semaine et avec un passionné d’astronomie, d’un télescope d’une taille comme je n’en aurai jamais. En plus, comme avec un instrument de cette taille même ceux qui ne sont pas intéressés par l’astronomie peuvent apprécier la beauté des objets du ciel profond, j’ai emmené toute la famille avec moi – et quand je parle de toute la famille ceci inclut mes parents, épouse et enfants vu que le gite de Stellarzac a de la place pour 6 personnes.

Une région magnifique

Comme la région du Larzac est fort belle, très sauvage, avec des gorges et des plateaux magnifiques pleins de petits villages médiévaux et que son climat méditerranéen plaît tellement quand on vient de nos contrées, toute la famille à été contente de son programme de la journée. Et la nuit… En plus, Frédéric est charmant au point que ma mère voulait l’adopter à la fin de la semaine.

Quant à l’observation, pouvoir prendre le livre de Laurent Ferrero » Splendeurs du Ciel Profond » avec l’assurance qu’aucun des objets ne serait hors de ma portée a été un régal. Pour moi qui aime les amas lointains, pouvoir voir des dizaines de galaxies dans l’amas Abel 2151, situé selon Laurent Ferrero à 700 millions d’années lumière, fut une expérience presque mystique. Résoudre tous les amas globulaires de Messier, avec dans le cas de M13, non seulement de NGC 6207 dans le champ mais aussi IC 4617 entre les deux a été un plaisir. Quand j’ai eu NGC 6543, l’œil du chat, dans l’oculaire, j’ai vu ce bleu des Caraïbes qui n’apparaît en général qu’en photo mais ma fille, sans savoir ce qu’elle devait voir, a fait le commentaire qui tue: « c’est beau ce rose autour du bleu »…

Je recommande à toute personne qui aime s’esquinter les yeux à l’oculaire de se donner le plaisir, au moins une fois dans sa vie, de profiter d’un télescope d’un mètre et d’un autre de 80 cm rien que pour elle, et ceci pendant une semaine.

 

 

Stéphane Mandelert

Informations et photos :http://www.stellarzac.com/