La génèse du projet

L’événement « La nuit est belle » a été imaginé par Eric Achkar, président de la Société Astronomique de Genève (SAG) et Pascal Moeschler, conservateur au Muséum d’histoire naturelle de Genève (MHNG) et directeur du Centre chauves-souris (Centre de coordination suisse pour l’étude et la protection des chauves-souris CCO/KOF). En collaboration avec Aurore Candau de la Maison du Salève, ces deux scientifiques agissent avec constance depuis plusieurs années pour la protection du ciel nocturne dans la région de Genève : conférence scientifique de sensibilisation sur la pollution lumineuse, organisation d’évènements d’extinction de l’éclairage de villes, interventions techniques auprès des élus.

C’est à l’occasion des Assises européennes de la transition énergétique, organisées par le Grand Genève en janvier 2018, qu’ils imaginent un événement festif et original qui s’adresserait à toute la population et qui permettrait de faire rayonner le territoire du Grand Genève bien au-delà des frontières : éteindre les éclairages publics sur l’ensemble du territoire francosuisse pendant une nuit et donner l’occasion à tout un chacun de (re)voir les étoiles et la voie lactée si la météo est clémente. Alors que d’autres événements en Europe et dans le monde proposent des extinctions de monuments ou de communes, il s’agirait cette fois d’éteindre un territoire de grande ampleur habité par un million de personnes et constitué de 209 communes. Une manière de permettre à toutes et à tous de retrouver un accès au ciel étoilé et aux paysages nocturnes, tel qu’il a été visible sur terre pendant des milliards d’années.

La thématique de la nuit et de la pollution lumineuse s’inscrit très naturellement tout à la fois dans les origines historiques du Grand Genève et ses objectifs les plus actuels et futuristes. Les premières collaborations transfrontalières sont nées dans les années 80 autour d’une problématique environnementale : la gestion transfrontalière de la nappe d’eau du Genevois. Aujourd’hui, un des objectifs prioritaires est d’englober et de dynamiser de manière transfrontalière les politiques publiques en lien avec l’urbanisation, les transports et l’environnement sur ce territoire qui est un des plus dynamiques d’Europe. Cet événement et la thématique abordée (la pollution lumineuse) sont à la croisée d’innombrables enjeux qui ne connaissent pas les frontières : crise actuelle de la biodiversité, accès au ciel étoilé et valeurs des paysages nocturnes, santé humaine, économie, finances publiques, transition éologique et réchauffement climatique, culture… 

Tout va s’accélérer début 2019. La date du 26 septembre 2019 est fixée selon des critères astronomiques : il s’agit de maximiser la visibilité de la voie lactée au coucher du soleil. Elle sera verticale, traversant tout le ciel, ce qui décuplera sa splendeur. Elle sera accompagnée par la présence de Saturne, la planète aux anneaux qui pourra être observée au télescope sur le territoire, le tout proche de la nouvelle lune afin d’avoir un ciel aussi étoilé que possible. Jupiter, la plus grande planète du système solaire, sera également visible avec ses lunes galiléennes.

Au 17 juillet 2019, plus d’une centaine de communes du Grand Genève situées des deux côtés de la frontière participeront en n’allumant pas leur éclairage public le 26 septembre au soir.

« La nuit est belle » est devenue aventure concrète avec tous ses rebondissements. Combien de communes seront présentes le 26 septembre 2019 ? Les organisateurs de l’événement de septembre 2019 ont un rêve secret. Si tout se passe bien et que le public est enthousiaste, pourquoi ne pas faire de « La nuit est belle » un grand événement annuel ou bisannuel culturel et populaire, au même titre que d’autres manifestations de grande ampleur comme les célèbres feux d’artifice de la rade de Genève ou le festival Antigel ? 

Publié le 19.07.2019