De
l'observation visuelle à l'imagerie numérique:
L'instrument (télescope ou lunette) est utilisé afin de concentrer les
rayons lumineux en provenance de l'objet observé, l'oculaire quant à lui
projette l'image située au foyer vers une surface sensible. Dans le cas
d'observations visuelles, la rétine sert de système d'acquisition et le
cerveau de système de mémorisation de l'information. Cependant, les astronomes
se sont très vite rendus compte que ce système était relativement peu
sensible ("le temps de pose" de l'oeil est d'environ 1/10s.). Un système
qui présente une sensibilité accrue est le film photographique. Dans ce
cas, le film placé au foyer, assure à la fois la fonction d'acquisition
et de mémorisation. Son succès fut très grand pendant de très nombreuses
années mais depuis 1960 sa contribution à fortement diminuée au profit
des caméras CCD beaucoup plus rapides et beaucoup plus sensibles. Le principe
d'enregistrement d'une image est identique à l'astrophotographie sauf
que la surface sensible correspond à une matrice CCD qui assure la fonction
d'acquisition. La fonction de mémorisation est réalisée par un ordinateur
(mémorisation d'informations sous forme numérique). L'évolution dans les
techniques de prise d'images traduit donc la recherche d'une sensibilité
accrue (qui nous permet d'obtenir des images d'objets plus faibles et
plus rapidement).
Présentation
d'un capteur CCD:
Le terme CCD nous vient de l'anglais et signifie Charge Coupled Device
(en français Dispositif à Transfert de Charge, DTC). Une matrice CCD est
composée d'un grand nombre de micro-cellules juxtaposées, en général carrées
ou rectangulaires, sensibles à la lumière que l'on nomme pixels (contraction
du terme anglais picture element). Chaque pixel correspond à un point
de l'image, comme l'est chaque grain d'argent d'une émulsion photographique.
La différence réside dans le fait que si les grains d'une film sont répartis
de manière aléatoire et ont des tailles diverses, les pixels d'un capteur
sont ordonnés suivant des lignes et des colonnes et ont tous la même taille
(environ 10 microns). Si en photo, la lumière interagit avec les grains
d'argent pour former une image, en imagerie numérique, nous allons utiliser
l'effet photoélectrique, c'est-à-dire, l'arrivée d'un photon sur le silicium
qui va générer un électron. Chaque pixel, que l'on peut assimiler à un
puits (avec une certaine taille et une certaine capacité), crée et accumule
un nombre d'électrons proportionnel à la quantité de lumière reçue. Ce
sera donc la lecture de ces charges électriques accumulées par les pixels
qui nous permettra de reconstituer l'image.
Fonctionnement
d'un CCD:
Pour lire l'image que le capteur a enregistré, il va falloir récupérer
la quantité d'électrons contenue dans chaque pixel. C'est
pourquoi une partie importante d'une caméra CCD est l'électronique.
Un double système d'horloges va générer des signaux
de lecture, l'une pour transférer les charges de lignes en lignes
jusqu'au registre horizontal, l'autre pour déplacer les charges
de ce registre sur le pixel voisin. La charge située dans le dernier
pixel sera alors "emportée" vers le registre de sortie.
Les charges électriques seront ensuite amplifiées et converties
en valeurs numériques afin de pouvoir être lues par un ordinateur
et enregistrées dans un fichier.

Déplacement des charges de ligne en ligne. (Cazard, J.-P., Pulsar
730)

Déplacement des
charges vers le registre de sortie, amplification er conversion. (Cazard,
J.-P., Pulsar 730)
Visualisation
d'une image:
Une image CCD n'est donc qu'ensemble de valeurs numériques représentant
la quantité de lumière reçue par chaque pixel. Sur
une caméra telle que la Starlight Xpress HX516, la charge électrique
est convertie en valeur numérique sur un échelle de 16 bits.
Cette conversion permet d'exprimer 216 niveaux de gris, c'est-à-dire
de 0 à 65535. La valeur de 0 correspond à un pixel avec
un charge nulle tandis que la valeur 65535 correspond à un pixel
avec une charge maximale, on dit aussi que le pixel est saturé.
Si cette valeur est dépassée, les électrons excédentaires
vont déborder sur les pixels voisins laissant apparaître
sur l'image des traînées. Ce phénomène est
connu sous le nom de blooming; notons qu'il existe des dispositifs qui
permettent de s'affranchir de ce problème.

L'effet du blooming. Image: BT-Atlas
Plus
le niveau de codage sera élevé plus la dynamique sera importante,
il semble qu'un convertisseur 12 bits soit un minimum. Lors de l'affichage
d'une image sur un écran de PC, celui-ci ne peut afficher au maximum
que 256 niveaux de gris. Il faudra donc établir une correspondance
entre la dynamique que nous fournit la caméra et la dynamique de
l'écran. Cette opération est connue sous le nom de seuillage.
On pourra ainsi faire correspondre la valeur du pixel avec celle de l'écran
et ce à partir de deux seuils: le seuil bas, où tout pixel
ayant une valeur inférieur à ce seuil aura comme valeur
0 (et apparaîtra donc noir), et le seuil haut, où tout pixel
ayant une valeur supérieure à ce seuil sera représenter
par la valeur 255 (blanc).
L'équipement
informatique:
L'ordinateur est partie intégrante d'un système d'imagerie
numérique puisqu'il joue le rôle d'interface entre la caméra
et l'utilisateur (en général, la liaison se fait par le
port parallèle). En effet, c'est grâce à un PC que
l'on peut donner les ordres de lecture ainsi que réceptionner,
visualiser, stocker et traiter les images. Pour ma part, je possède
deux ordinateurs, un portable pour l'acquisition (Pentium 100MHz) et une
station pour le traitement des images (Pentium III 450MHz). Le portable
présente l'avantage de pouvoir l'emporter dans n'importe quel endroit
mais en général son prix est élevé. Il s'agit
donc de trouver un PC puissant et si possible pas trop cher. A cet égard
ne négligez pas le marché du matériel d'occasion
où l'on peut trouver de bons ordinateurs. La puissance du PC n'est
pas très importante en ce qui concerne l'acquisition des images
(à la Société Astronomique de Genève, nous
possédons une ST7 et pour l'acquisition des images nous utilisons
un 486, le chargement d'une image prend environ 20s.). Par contre, la
puissance et la mémoire de l'ordinateur deviennent vraiment importante
lors du traitement des images. Je conseillerai donc un PC Pentium d'au
moins 300MHz, avec 2 Giga de disque dur, d'une mémoire d'au moins
32 Méga de RAM et d'un écran Super VGA 1024x758, 65535/16
Mio de couleurs.

La caméra HX516 avec le PC portable et le boîtier d'alimentation.
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