Televue 60
Televue 60, une des plus petites lunettes apochromatique du marché
Lorsque j’ai vu les photographies de la nouvelle petite lunette de TeleVue j’ai eu un mouvement de recul : « Pouah ! Ce tube, quelle horreur ! »
Ayant eu l’opportunité de la voir dans un magasin d’astronomie de la Riviera vaudoise, j’ai changé d’avis. Il est certain que le look de cet instrument ne laisse pas indifférent. Fini le tube cylindrique blanc tronçonné au mètre. Nous avons ici un tube conique noir, magnifiquement usiné dans un bloc d’aluminium, à la manière des lunettes terrestres allemandes utilisées par les ornithologues.
Un rail permet la fixation de la lunette sur un trépied photo ou sur une monture azimutale TeleVue. Le rail est coulissant sur 6 cm, permettant d’équilibrer rapidement l’instrument en fonction de la fixation au trépied et des accessoires montés. Il y a trois filetages « Kodak » et deux trous percés dans le rail, dont l’écartement convient au Telepod et autres montures Televue. Bien que d’apparence fragile, les pièces de fixation au rail ne montrent aucune flexion, étant usinées dans la masse.
La mise au point grossière est faite par un tube coulissant que l’on verrouille avec une vis de serrage. L’assemblage est précis, aucun jeu n’est détecté dans la coulisse, même en accrochant des accessoires lourds. Le mouvement de la coulisse est même assez dur. La mise au point de précision est faite au moyen d’une bague hélicoïdale. La course de l’hélice est de 20 mm, le mouvement est très doux, la mise au point engendre moins de vibrations que le classique système à crémaillère. Lorsqu’on regarde au zénith, il n’y a aucun risque de voir le porte oculaire filer en butée sous le poids des accessoires, car l’hélice n’est pas réversible.
L’instrument ne mesure que 26 cm avec le pare buée rétracté, pour un poids de 1.6 Kg. De base la TeleVue 60 est livrée avec un sac souple, genre de chaussette ne pouvant contenir que le tube. En option on peut acheter une sacoche en tissu avec de la mousse prédécoupée pour l’instrument et quelques accessoires. Trois oculaires trouvent leur place dans la sacoche, ainsi que le renvoi coudé à 60 degrés.
Aucun chercheur n’est prévu. C’est inutile. En insérant un Panoptic 24 dans le porte oculaire, l’instrument devient le chercheur, avec un grossissement de 15 fois et un champ réel de 4.5 degrés.
Du point de vue de la qualité optique TeleVue reste fidèle à sa réputation. L’étoile artificielle montre un doublet parfaitement centré. La tache de diffraction est bien brillante. Un léger astigmatisme est dévoilé par une cassure symétrique à 90 degrés du premier anneau de diffraction. La correction chromatique est bonne pour un doublet de fabrication industrielle, dans la lignée de l’Orion 80ED, meilleure que la Megrez II ou que la Televue Pronto, moins bonne que l’Astro-Physics Traveler.
Bien sûr, les lois de l’optique s’appliquent pour tous, même pour TeleVue. Il ne faut pas s’attendre à des découvertes miraculeuses dans le ciel profond, le diamètre de 60mm n’est pas suffisant pour observer confortablement les objets les plus faibles.
Je l’utilise en tant que PST (Personal Solar Telescope) de luxe. Le filtre Coronado SolarMax 60 se visse sur le pare-buée au moyen de l’adaptateur pour double-filtration. La bague de mise au point dorée de la lunette est assortie au préfiltre et aux oculaires CeMax de Coronado. La classe, quoi…
 PST « de luxe » avec étalon de 60mm et BF-15
 Observation solaire en H-Alpha avec les deux yeux. Sur le porte oculaire se trouve le correcteur de champ Baader-Planetarium 3x, le BF30, le renvoi coudé Televue et la tête binoculaire Baader-Planetarium avec deux oculaires Parks 20mm (grossissement 60 fois)
Contrairement à ce que j’ai pu lire dans une autre revue astronomique, le porte oculaire ne ploie pas sous le poids des accessoires.
La monture Tele-Optik GR2-DX avec le trépied Meade LX200 peuvent supporter 50 Kg sur chaque bras. Ça devrait suffire…
La TeleVue 60 n’est probablement pas le meilleur choix pour un premier télescope «à tout faire». Elle excelle par sa portabilité sans égal, elle se glisse dans le sac à dos du randonneur comme dans le bagage du chasseur d’éclipses ou dans les valises du vacancier. Sa qualité optique satisfera pendant de longues années l’amateur exigeant lors de ses déplacements.
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